L’affaire Marshall<o:p></o:p>
En 1960, cherchant un moyen d’augmenter ses profits, Billy Sol Estes, l’un des plus proches financiers de Johnson, décida d’intensifier certaines de ses activités. Cela suscita l'intérêt de la justice. Dès lors, entre 1961 et 1962, se fut l’affrontement direct avec Robert Kennedy. A travers Estes, Robert était sur de pouvoir atteindre Johnson et de prouver qu’il vivait d’argent sale et même volé aux contribuables. Estes s’était associé avec Cliff Carter dans de nombreux projets avec le soutien du vice-président afin qu’une partie des gains vienne directement financer la campagne Johnson. Robert Kennedy le savait et traquait le riche industriel. Le plus important dossier ouvert contre Billie Sol Estes concerna ses activités dans le coton. Limité par les quotas de production, le Texan trouva la solution. Acheter rapidement des parcelles dans le reste du pays et acheminer le surplus de production sur ces dernières. Une seule personne avait le pouvoir de valider cette opération : Henry Marshall qui devait donner son aval aux transferts. Sans sa signature, tout capotait. Avec sa bénédiction, l’empire Estes devenait intouchable. Marshall accepta.<o:p></o:p>
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En 1961, Robert Kennedy décida de mettre la pression sur Henry Marshall et voulait le convaincre de témoigner de l’existence des liens entre Lyndon et Billie Sol. Au-delà de l’implication de Marshall et de Estes, la perspective de compromettre le vice-président dans une affaire de détournement de fonds publics s’avéra être une carte essentielle dans la lutte intestine que se livraient les clans Kennedy et Johnson. Marshall était prêt à collaborer avec le département de la justice. Il avait même prévu de se rendre à Washington.<o:p></o:p>
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Le 3 juin 1961, Henry Marshall fut découvert mort dans son ranch de Franklin. Malgré de multiples blessures par balles, le shérif Howard Stegall classa l’affaire en concluant qu’il s’agissait d’un suicide. Manley Jones, thanatopracteur, après avoir examiné le cadavre, ne pouvait croire à un suicide. Mais le magistrat valida la décision de Stegall, “mort suite à des blessures auto-infligées par armes à feu”. Stegall était une relation de Cliff Carter.<o:p></o:p>
La disparition d’Henry Marshall marqua les premières secousses avant l'effondrement de l’empire Estes. Le camp Johnson avait conscience que le dossier Estes pouvait devenir explosif.<o:p></o:p>
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Ainsi le colonel Hormer Garrison fit circuler dans la presse ainsi que dans les milieux judiciaires et politiques un rapport signé du capitaine Clint Peoples contestant ces conclusions. Ebranlée par cette contre-enquête, la famille de la victime se servit de ce rapport officiel pour demander la réouverture du dossier et obtint en 1962, la tenue d’un Grand Jury chargé de l’examiner de nouveau. Les auditions du Grand Jury sont ad vitam aeternam classées secrètes. Quelle que soit la raison, le délai écoulé, le pouvoir en place, les confidences reçues doivent rester à tout jamais soustraites aux yeux du public. Cette obsession du secret absolu permet d’assurer aux participants des débats une totale sécurité et, en retour, à la justice de recevoir une complète confession. A l’époque, de nombreuses fuites provenant de la Maison-Blanche confirmèrent que JFK lui-même portait un vif intérêt à la disparition d’Henry Marshall. Chaque jour, sous la direction de Bobby Kennedy, les proches de JFK inondaient les médias d’informations confidentielles relatives à la tenue des débats et à l’avancement des diverses enquêtes concernant Billie Sol Estes. Les frères Kennedy firent aussi pression sur J. Edgar Hoover pour mener l'enquête sans savoir que depuis longtemps il avait choisi son camp. LBJ fit pression sur de hauts fonctionnaires dont Will Wilson, l’ancien attorney général du Texas pour lui demander d’interrompre l'enquête.<o:p></o:p>
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Le 18 juin 1962, le Grand Jury déclara que les preuves présentées n’étaient pas suffisantes pour arrêter une position claire et définitive et donc qu’il lui était impossible de modifier le verdict officiel concernant les causes du décès.<o:p></o:p>
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[ Le capitaine Clint Peoples nommé US Marshall par le président Jimmy Carter n’avait jamais cessé d'enquêter sur cette affaire. Et le 20 mars 1984, obtint l’ouverture d’un autre Grand Jury. Le communiqué de presse au sortir des débats annonçait : “l’opinion du précédent Grand Jury statuant sur les raisons de la mort d’Henry Marshall était que les preuves présentées n’étant pas suffisantes pour arrêter une position claire et définitives et que donc, il était impossible de réviser les causes du décès de Henry Marshall. Se fondant sur les témoignages présentés aujourd’hui, et qui ne le furent pas lors du précédent Grand Jury, nous avons conclu que Henry Marshall n’était pas mort par un suicide mais par homicide. Les participants à ce meurtre étant aujourd’hui décédés, le Grand Jury s’est retrouvé dans l’impossibilité de prononcer des mises en examen”. Sous serment, Estes a déclaré au Grand Jury que les meurtriers de Marshall était Malcom Everett Wallace connu sous le nom de Mac Wallace et Cliff Carter, tous deux décédés lors des auditions. Le District attorney a procédé à la vérification de ces propos : Mac Wallace a bien été vu quelques minutes avant le meurtre et identifié par Nolan Griffin, le pompiste qui avait indiqué la direction du ranch de Marshall. ]<o:p></o:p>
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L’affaire Baker<o:p></o:p>
En décembre 1962, la presse commença à s’intéresser sur les origines de la fortune rapide de Beker, secrétaire de Johnson depuis son accession au Sénat. LBJ était-il l’un des acteurs de cette formidable réussite ? A Washington, on murmurait que le vice-président serait intervenu pour garantir à son protégé un marché colossal, celui des bases militaires qui s’équipèrent massivement de distributeurs de boissons placés par la société de Baker.<o:p></o:p>
JFK se mit à craindre que les scandales impliquant son vice-président ne finissent par rejaillir sur son propre exercice au pouvoir. En février 1963, il demanda au Congrès et au Ministre de la Justice, Robert Kennedy, de mener une enquête sur Bobby Baker en précisant de la conduire sans tenir compte des conséquences politiques.<o:p></o:p>
En clair, il venait de donner l’autorisation de chercher les fonds secrets de Lyndon. Bobby allait parvenir à détruire politiquement Johnson. Les informations qu’il recevait démontraient que l’attorney général approchait du but. L’affaire Baker ferait éclater à la une des journaux les liens entre Johnson et Jimmy Hoffa ainsi que certaines familles de la Cosa Nostra.<o:p></o:p>
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[ L'enquête piétinait et après la mort de Kennedy, Lyndon mit son poids de Président dans la balance et obtint l'arrêt de l’investigation. Baker fut convaincu de corruption et passa quelques années en prison. ]<o:p></o:p>
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Début 1963, les malversations financières du vice-président commençaient à susciter des remous, les accusations de financement occultes de ses campagnes par le groupe Brown and Root refaisaient surface et Robert Kennedy attisait le scandale Bobby Baker et les ennuis d’Estes avec la justice. Le réseau Johnson était arrivé à un point de non-retour car face à de telles accumulations de mauvaises nouvelles, Johnson ne pouvait plus espérer que son poids politique le sauverait.<o:p></o:p>
Il fallait intervenir pour changer la donne.<o:p></o:p>